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GOULAG, LE TEMPS DE LA PIERRE
Iossif Pasternak et Hélène Châtelain

 

   
Goulag de Iossif Pasternak et Hélène Châtelain

Vendredi 3 février
14h00
Théâtre Jean le Bleu

Vidéo couleur – 110 min – 2000

Réalisation : Iossif Pasternak
Scénario : Hélène Châtelain
Image : Jean-Louis Porte
Son : Jean-François Priester
Montage : Iossif Pasternak

Production : 13 Production
& Arte France
Edition DVD : Doriane Films
www.doriane-films.com


En se rendant sur les lieux historiques de l’archipel du Goulag, Iossif Pasternak et Hélène Châtelain donnent voix et figure aux victimes anonymes de la terreur et de la déportation érigées en système. Ils ont choisi de limiter leur enquête aux grands camps du nord du pays, les plus extrêmes, les plus mythiques : ceux des îles Solovki, au milieu de la mer Blanche, au nord-ouest ; et, à 5000 km de là, ceux de la Kolyma, au nord-est polaire.

Deux temps marquent leur voyage dans ce présent de la mémoire :
- celui de la violence radicale des années vingt et trente :
première partie, Le Temps de l’eau,
- celui de la mise en exploitation, de la colonisation du goulag pendant les années trente et cinquante :
deuxième partie, Le Temps de la pierre.


LE TEMPS DE LA PIERRE

Dans cette seconde partie, Hélène Châtelain et Iossif Pasternak nous mènent dans le bassin pétrolier et houiller d’Oukhta-Vorkouta, au-delà du cercle polaire, puis au cœur de la Kolyma, à l’extrême nord-est du continent soviétique. Le Temps de la pierre est celui de la mise en exploitation et de la colonisation du goulag pendant les années trente et cinquante, avec la ligne de partage que constitue l’année 1937…
Pour reconstituer l’histoire du bassin d’Oukhta-Vorkouta entre 1930 et 1937, les auteurs suivent le récit d’un détenu, Michel Rozanov, qui fut pendant dix ans comptable dans le premier complexe concentrationnaire du premier plan quinquennal. Une épopée industrielle où le mot production trouve son corollaire dans la toufta, un système de fraude et de survie qui, du détenu au directeur de camp, va devenir un mode de pensée.
Le camp ressemble alors à un immense chantier improvisé, sans miradors ni barbelés. Si l’on y meurt beaucoup, c’est surtout d’incurie et de froid.
Également au centre du récit, le gardien Novikov. Pendant des années il a surveillé les travailleurs forcés. Il vit aujourd’hui dur l’ancien emplacement du camp, sculptant dans du bouleau de petites statuettes de détenus avec leur brouette, de gardiens avec leurs fusils…

Avec ses mines d’or et d’uranium, la Kolyma était devenue le plus vaste complexe concentrationnaire du goulag, l’archétype même du camp. Les récits de Varlam Chalamov resté dix-sept ans à la Kolyma, constituent ici l’ossature du film. Face à lui, il y a Prokhor Prokhorovitch, le kolkhosien : prisonnier de guerre à dix-huit ans, dix ans de mines à Vorkouta et à la Kolyma. Il vit seul en pleine taïga, dans les décombres de ce qui fut une bourgade.
C’est sur fonds de ruines de la Kolyma, décrétée non rentable il y a quinze ans, que se développe le dernier thème du film : celui de l’effacement des frontières entre l’innocent et le coupable, entre l’homme libre et le détenu, entre kolkhoze et village spécial, goulag et non goulag…

Rencontre avec Iossif Pasternak et Hélène Châtelain

 
 
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