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Jeudi 2 février
21 heures
Théâtre Jean le Bleu
Prix du meilleur documentaire
Festival d’Ismaïlia 2005
Vidéo couleur - 1h29 - 2004
Image : Nara Kéo Kosal
& Stéphane Patti
Son : Stéphane Jourdain
& Nicolas Zwarg
Montage : Christine Aya
Musique: Jeff Rian & Jean-Jacques Palix, Wim Mertens
Production : La Huit
& Stéphane Jourdain
Distribution : Eurozoom
www.eurozoom.fr
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Entre histoire collective et destins individuels, Le Silence des rizières propose un éclairage singulier et inédit de la guerre d'Indochine, cette guerre oubliée, à travers ceux qui ont lutté contre le colonialisme et pour la liberté au Vietnam.
Maï est la fille de l'un d'entre eux, un Français, André. Elle revient sur ses traces au Vietnam, avec sa mère Thuy Cam.
Le film interroge les conséquences intimes de l'Histoire au sein d'une famille, avec son lot de mythologies, de sacrifices et de cloisonnement.
Les destins mêlés de ces acteurs de l'ombre concentrent sous un jour cru ce que furent les enjeux humains d'une guerre de décolonisation et d'une indépendance nationale, en pleine guerre froide.
L’une des séquences les plus fortes du Silence des rizières nous montre Maï et sa mère Thuy Cam qui retrouvent dans la jungle vietnamienne l’antre à même le sol où la fille est née de la mère, comme tombée d’elle, tandis que les obus pleuvaient. Maï est le personnage de cette histoire où la naissance est comme une chute et un enfouissement, partagée avec les bêtes, les cris, la nuit.
On voudrait que Maï soit un bon personnage de film : mais Maï est un personnage défait. Maï occupe le bord du cadre pour s’excuser d’être là. Maï risque à peine une parole…
Elle est une personne du documentaire comme on dirait une dame de compagnie : il ne faut pas attendre d’elle qu’elle vous fasse la visite de la maison, elle n’est tout simplement pas chez elle, l’Histoire l’a expulsée et c’est pourquoi sa discrétion est exemplaire.
Laurent Roth
Rencontre avec Fleur Albert |