Après la mort de son père, Assane, un jeune Musulman Sénégalais arrête ses études pour émigrer en Italie. Naufragé à Lampedusa, il est transféré en Sicile. Il se débrouille pour s’enfuir près de Naples, où son cousin Makhtar lui a promis du travail. Mais ce petit boulot est instable, l’environnement malsain. Il s'en va à Florence voir Salimata, une cousine qui a une mère Française et qui est mannequin. Elle pourra l’héberger et lui trouver du travail jusqu’à ce que ses papiers soient en règle…
J'ai commencé à penser à ce film depuis 1998. Je n'ai quasiment pas tourné depuis vingt ans. J'ai ce désir à nouveau et j'ai pensé aux migrants. Les exclus, les oubliés ont toujours été mon sujet, depuis mes premiers documentaires jusqu'à Bandits à Orgosolo ou Journal d'un instituteur.
J'ai toujours été choqué par ce silence, ces présences furtives dans la rue, ces marchés. Les Africains sont aujourd'hui comme des ombres. Ayant été moi-même prisonnier de guerre, je sais ce qu'est cette impossible présence. Il m'importait de redonner une dignité à ceux qui ne l'ont plus depuis longtemps, de rabattre notre arrogance occidentale qui nous fait croire que nous sommes le centre du monde…
Ce sont les acteurs, Sénégalais ou Italiens, qui ont défini les situations. Le film a souvent été tourné au pied levé, improvisé... Quand ils parlaient dans leur langue, le wolof, je ne comprenais pas un mot, mais je leur faisais confiance.
Vittorio de Seta
Les Rencontres Cinéma de Manosque ont fait sous-titrer en français une copie de Lettre du Sahara pour cette première projection en France.
Rencontre avec Vittorio de Seta |